Trois vérifications avant de payer un fournisseur chinois — et ce qu’elles ne vous disent pas

Il y a un moment précis, dans toute première importation, où l’on s’arrête. Le devis est arrivé, les photos sont belles, l’interlocuteur répond vite et bien. Il ne reste qu’à virer l’acompte — trente pour cent, parfois plus — à une entreprise que l’on n’a jamais vue, dans un pays où l’on n’a jamais mis les pieds.

Trois outils circulent pour rassurer à ce moment-là : 1688, Pinduoduo et QCC. Deux sont utiles. Le troisième est mal compris, et ce malentendu coûte cher.

Nous sommes installés en Chine, à Foshan, et nous allons nous-mêmes dans les usines pour nos clients. Voici ce que ces outils permettent réellement de vérifier, et surtout ce qu’ils ne permettent pas.

1688 : un étalon de prix, à condition de savoir ce qu’il ne contient pas

1688 est le marché intérieur chinois. C’est là que les entreprises chinoises achètent entre elles, en yuans, pour une livraison en Chine. Comparer la cotation de votre fournisseur à ce qui s’y pratique est un réflexe sain : cela vous donne un ordre de grandeur que personne ne vous donnera spontanément.

Un écart important mérite une question. Mais un écart n’est pas une preuve de malhonnêteté, et c’est là que beaucoup se trompent.

Le prix affiché sur 1688 ne comprend pas :

  • l’emballage export, qui n’a rien à voir avec un emballage de livraison intérieure ;
  • le transport jusqu’au port et les frais de mise à quai ;
  • la licence d’exportation, que tous les vendeurs ne possèdent pas ;
  • la fapiao, la facture officielle chinoise, qu’un vendeur purement domestique n’émettra pas — et sans laquelle certaines opérations deviennent impossibles.

Ajoutez à cela qu’une grande partie des vendeurs de 1688 sont eux-mêmes des revendeurs, pas des usines. Le prix que vous y lisez peut déjà contenir une marge d’intermédiaire.

1688 vous dit donc si l’ordre de grandeur est plausible. Il ne vous dit pas si votre fournisseur vous vole.

Pinduoduo : l’erreur qu’il ne faut pas commettre

On lit souvent que Pinduoduo révélerait « le vrai coût du produit, sans les marges liées à l’exportation ». C’est faux, et c’est le conseil le plus dangereux des trois.

Pinduoduo est une plateforme de vente au détail grand public. Ses prix sont fortement subventionnés, et les articles qu’on y trouve à très bas prix sont, dans l’immense majorité des cas, des versions allégées : matière plus mince, finitions simplifiées, aucun emballage export, aucune certification.

Comparer un prix de détail Pinduoduo à une cotation export en gros, c’est comparer deux choses différentes. Un prix plus bas sur Pinduoduo ne prouve rien du tout — le plus souvent, ce n’est simplement pas le même produit.

Nous avons vu des acheteurs rompre une relation correcte avec un fournisseur sérieux sur la base de cette comparaison. Ils ont ensuite payé beaucoup plus cher, en temps et en argent, pour reconstruire ce qu’ils avaient cassé.

QCC : vérifier que l’entreprise existe vraiment

C’est le meilleur des trois conseils. QCC — et ses équivalents Tianyancha ou Aiqicha — donne accès aux informations officielles d’immatriculation des entreprises chinoises : dénomination légale, représentant légal, date de création, actionnaires, litiges, signalements d’activité anormale.

Une entreprise absente de ces registres n’existe pas. C’est un motif d’arrêt immédiat.

Mais trois précisions manquent presque toujours dans les conseils qu’on lit.

Le capital social affiché est le capital souscrit, pas le capital versé. Une société peut annoncer dix millions de yuans sans avoir versé un centime. Ce chiffre ne mesure pas la solidité financière de votre interlocuteur, et s’y fier donne une fausse assurance.

Le champ d’activité déclaré compte davantage que le capital. Vérifiez que la fabrication de votre catégorie de produit y figure réellement, et que la société détient une licence d’import-export. Une entreprise dont l’objet social ne mentionne que du « commerce de gros » n’est pas une usine, quoi qu’elle affirme.

Enfin, la source officielle est gratuite. QCC agrège les données du système national de publication du crédit des entreprises, consultable librement sur gsxt.gov.cn. Il est en chinois uniquement, ce qui explique le succès des services payants.

La vérification que personne ne mentionne, et qui protège l’argent

Les trois outils précédents concernent le prix et l’existence. Le contrôle qui évite réellement de perdre son acompte est ailleurs, et il est étonnamment simple.

Le nom qui figure sur le contrat, le nom enregistré au registre chinois et le bénéficiaire du virement bancaire doivent être une seule et même entité.

C’est là que se produit la quasi-totalité des fraudes que nous rencontrons. Le devis arrive au nom d’une société parfaitement réelle et vérifiable. Puis l’instruction de paiement désigne un particulier, ou une société écran immatriculée à Hong Kong, « pour des raisons de change » ou « parce que le compte de la société est en cours de renouvellement ».

Il n’y a pas de bonne raison à cela. Une usine chinoise sérieuse se fait payer sur le compte de l’entité qui signe le contrat.

Vérifiez les trois noms. S’ils diffèrent, arrêtez tout et demandez une explication écrite avant de virer quoi que ce soit.

Ce que ces outils ne feront jamais

Mis bout à bout, 1688, Pinduoduo et QCC vous disent si vous payez un prix plausible et si votre interlocuteur existe légalement.

Ils ne vous diront pas :

  • si cette usine sait fabriquer votre produit à votre niveau de qualité ;
  • si la production ressemblera à l’échantillon que vous avez approuvé ;
  • si la marchandise sera réellement chargée dans le conteneur ;
  • si les exigences réglementaires de votre pays de destination sont respectées — et c’est souvent là que la facture arrive.

Rien de tout cela ne se lit sur un écran. Cela se vérifie par un échantillon physique, une visite sur place et un contrôle de la marchandise avant l’embarquement.

C’est précisément notre métier. Nous sommes en Chine, nous allons à l’usine, nous filmons, et nous rendons compte en français.

Pour aller plus loin

Nos catalogues produits sont consultables en ligne, et nous en envoyons un extrait de vingt pages à qui le demande : investworldlimited.com/catalogue

Si vous avez un projet précis et que vous voulez savoir s’il tient debout avant d’engager quoi que ce soit, écrivez-nous. Cette première conversation ne coûte rien.

Voir aussi : notre service de sourcing en Chine et les questions fréquentes.