Dans la plupart des histoires qui finissent mal, l’argent part avant que quelqu’un se soit posé les bonnes questions. Notre article précédent présentait trois outils pour vérifier un fournisseur : 1688, Pinduoduo et QCC. Celui-ci va plus loin : sept signaux qui doivent vous faire ralentir, et ce qu’il faut faire quand vous en voyez un.
Un seul signal ne prouve rien. Deux ou trois en même temps, c’est le moment de vous arrêter.
1. Une urgence qui n’a pas de raison
« Prix valable aujourd’hui seulement », « dernière série en stock », acompte demandé dans l’heure. Un vrai fabricant vous donne un devis valable plusieurs jours, souvent plusieurs semaines. La pression n’a qu’un but : vous empêcher de vérifier.
La réponse est simple : « Je paie après vérification. Envoyez-moi la proforma et le contrat. » Un fournisseur sérieux accepte.
2. Un compte bancaire qui n’est pas celui de l’entreprise
C’est le signal le plus important. Pour un montant significatif, le bénéficiaire du virement doit porter exactement le nom de l’entreprise inscrit sur le contrat et sur sa licence commerciale. Méfiez-vous d’un compte au nom d’une personne, d’un paiement demandé sur un compte WeChat ou Alipay personnel, ou d’une banque sans aucun rapport avec l’entreprise.
Même vigilance si les coordonnées bancaires changent entre la proforma et le moment de payer : c’est la fraude à la facture la plus courante. Appelez le fournisseur sur un numéro que vous aviez déjà, jamais sur celui du message qui annonce le changement.
3. Une usine qu’on ne peut pas voir en direct
Des photos et des vidéos ne prouvent rien : elles se copient. Demandez un appel vidéo en direct et faites faire quelque chose de simple sur le moment : montrer la machine qui fabrique votre produit, la façade avec l’adresse, une feuille portant la date du jour et votre nom.
Un fournisseur qui refuse, qui reporte à chaque rendez-vous ou qui « n’a pas de réseau » chaque fois mérite la plus grande prudence.
4. Un négociant qui se présente comme une usine
Ce n’est pas toujours une arnaque : beaucoup de sociétés commerciales sont honnêtes. Mais si l’on vous promet un « prix d’usine » et que vous passez en réalité par un intermédiaire, vous payez une marge que vous croyez ne pas payer, et vous n’avez aucun contrôle sur la qualité.
Sur QCC, regardez l’objet social de l’entreprise : fabrication (生产) ou commerce (贸易) ? Vérifiez aussi l’adresse sur une carte : l’endroit correspond-il à une usine ou à un simple bureau ?
5. Des certificats qu’on ne peut pas vérifier
CE, ISO, rapports d’essai : un PDF n’est pas une preuve. Demandez le numéro du certificat et le nom de l’organisme qui l’a délivré, puis vérifiez auprès de lui ou sur son registre public. Un certificat dont le fournisseur refuse de donner le numéro, ou émis au nom d’une autre entreprise, est un mauvais signe.
Pour certains produits (câbles électriques, appareils branchés au courant, produits pour enfants, produits de santé), l’absence de certification valide peut aussi bloquer la marchandise à la douane de votre pays.
6. Un prix trop beau, sans explication
Un écart avec le marché n’est pas une preuve de malhonnêteté, nous l’expliquions dans l’article précédent. Mais un prix très nettement inférieur à tous les autres devis doit s’expliquer avant que vous payiez. Demandez de quoi est faite la différence : matière, épaisseur, finition, emballage, norme.
Si la réponse est vague, la marchandise livrée le sera aussi.
7. Pas de contrat, pas de contrôle avant l’expédition
Une proforma envoyée par messagerie n’est pas un contrat. Un bon contrat précise le produit (spécifications, matière, normes), la quantité, le prix et la devise, le calendrier de paiement, le délai de livraison, ce qui se passe en cas de défaut ou de retard, et qui contrôle la marchandise avant le départ.
Demandez un contrôle avant chargement, fait par quelqu’un d’indépendant du fournisseur, et ne faites partir le dernier paiement qu’après ce contrôle. Un fournisseur qui refuse toute inspection a quelque chose à cacher, ou ne fait pas confiance à sa propre production.
Comment payer pour limiter le risque
Il n’existe pas de paiement sans risque, mais on peut le répartir. Un acompte limité (30 % est un ordre de grandeur courant, à négocier selon le produit), le solde après le contrôle et avant l’expédition, toujours par virement bancaire vers le compte de l’entreprise. Pour de petites commandes, une plateforme qui garde l’argent en dépôt jusqu’à la livraison peut offrir une protection, dans les limites de ses conditions. Évitez les moyens de paiement impossibles à rappeler, comme les transferts d’espèces ou les cryptomonnaies.
Si vous avez déjà payé et que vous doutez
Appelez votre banque le jour même : une demande de rappel de virement a d’autant plus de chances d’aboutir qu’elle est faite vite, sans garantie. Gardez tous les messages, la proforma, les preuves de paiement et les captures d’écran. Signalez la fraude à la police et, si vous êtes au Canada, au Centre antifraude du Canada.
Pour aller plus loin
Lisez notre article Trois vérifications avant de payer un fournisseur chinois, qui explique 1688, Pinduoduo et QCC. Une de nos études de cas montre ce que change une visite d’usine faite sur place. Vous trouverez aussi la réponse à plusieurs questions dans les questions fréquentes.
Notre équipe est installée à Foshan, au cœur des usines chinoises. Nous vérifions les fournisseurs sur place, nous contrôlons la marchandise avant l’expédition et nous organisons le transport : c’est notre service de sourcing en Chine. Si vous avez un projet précis, écrivez-nous : la première conversation ne coûte rien.